Fin de saison
Allez savoir pourquoi certaines destinations vous aimantent. Un savant mélange où les sonorités le disputent au mythe (Zanzibar, Samarcande…), quelques pincées de récit de voyage (Bouvier, Chatwin…), un zeste de roman ou de film, voire un bon vieux Walt Disney: combien d’entre nous rêvent de Tombouctou depuis que les Aristochats y ont expédié Edgard l’infâme majordome pour notre plus grand plaisir de bambins, histoire de vérifier de nos propres yeux qu’il est toujours enfermé à double tour dans sa malle ? (NDLR : Et combien l’ont revu à l’âge adulte et halluciné tant sur la bande son exceptionnelle que sur le visuel résolument psychédélique ?). Bon bref, nous avions jeté notre dévolu sur les provinces de l’Atlantique pour conclure nos pérégrinations canadiennes, peut-être parce que nous aimions l’idée de traverser ce pays démesuré d’un océan à l’autre, sans doute aussi poussés par l’image de marins du bout du monde qu’évoquent Terre-Neuve et le Labrador.
En fin de compte, nous ne sommes restés que quatre petits jours au Nouveau-Brunswick, au gré d’étapes inégales: Mactaquac, Grand-Sault, Fredericton, Saint-John ou encore Saint-Martin et ses “world-famous/award winning” chowders (que nous n’avons d’ailleurs pas goûtés)… avant de rendre les armes devant une météo résolument hostile au confort de notre nouveau passager fumeur, confronté au choix impossible entre son addiction favorite et l’hypothermie.
Et tout ça par la faute d’Ophélie (l’ouragan sévissant au large des côtes atlantiques nord-américaines au moment de notre passage) dont les intentions n’auguraient rien de bon pour les jours à suivre. Le reste de l’équipage n’étant guère désireux de revivre certains des plaisirs glaciaux et humides largement goûtés en Alaska, nous avons battu en retraite vers l’intérieur du pays, direction le Québec…Mais nous repartirons un jour à l’assaut de ce coin de Canada, en poussant cette fois jusqu’à Terre Neuve, où nous attend la borne kilométrique de la transcanadienne miroir de celle de l’Ile de Vancouver.
La première étape de notre virée québécoise traverse brièvement la Gaspésie pour rejoindre Matane. Les paysages de forêts chatoyantes sous leurs couleurs d’automne nous émerveillent, mais ce sera pour le plaisir des yeux uniquement… Octobre au Québec profond, ce n’est plus la saison des randonneurs mais celles des chasseurs, les réserves fauniques dédiées à l’observation animale en été se transforment à l’automne en zones de chasse où il n’est pas franchement conseillé d’entreprendre une balade. Les produits phares de la saison sont les produits tire-buck (littéralement “tire-mâle”) au premier rang desquels figure … l’urine de jument en rut.
Bilan, nous avons vu une vingtaine d’orignaux en deux semaines, un grand bonheur… si on omet de préciser que ceux-là se déplaçaient exclusivement en pick-up ET en pièces détachées!
Après quelques heures d’attente savamment occupées et quelques autres de traversée en ferry sur le Saint-Laurent, nous atteignons Baie-Comeau sur la rive nord, point de départ d’une agréable balade le long du grand fleuve. Les baleines ne sont pas en vue, mais notre menu est fait de rafales de vent soufflant sur l’immensité déserte des plages, de dunes de sable que seul l’hirsute barbu ira d’ailleurs explorer, de rencontres étonnantes (Russel, gardien du camping municipal de Forestville et encyclopédie vivante sur le fleuve et sa région), de dégustations de poissons et fruits de mer (le restaurant de la pêcherie Manicouagan aux Escoumins…), et du charme solitaire des petits villages côtiers. Le tout dans une atmosphère automnale très “hors saison”, avec nous trois dans le rôle des ombres perdues sous leurs capuchons (NDLR : cf. Cabrel pour ceux qui n’avaient pas percuté)… Cerise sur le gâteau, nous dénichons sur le front de mer de Tadoussac un vrai petit rade chaleureux comme on les aime, vite transformé en QG d’un jour, voire plus si affinité… Avec les quelques micro-brasseurs locaux qui proposent d’houblonneux breuvages aux titrages effrayants, c’est certain qu’ les gars sont sortis chauds de ce bon vieux Gibard
Mentions spéciales à la ‘Vache folle’ et la ‘Dominus Vobiscum’.
A partir de Tadoussac, notre itinéraire quitte le Saint-Laurent pour remonter la rivière Saguenay vers l’intérieur des terres jusqu’au Lac Saint Jean où elle prend sa source. Ce magnifique bout de route une nouvelle fois désert nous réserve de chouettes découvertes comme la petite commune de Sainte Rose du Nord et ses environs. Ce hameau est une étape vraiment sympa, avec ses collines boisées entourant un long fjord du Saguenay dans lesquels les belugas remontent… Quant aux gargotes locales, elles proposent les productions du coin telles que…
Depuis le Lac Saint-Jean, deux options s’offrent ensuite à nous : regagner le Sud, où nous attendent certaines des régions les plus vantées de la Belle Province (Parc national de la Mauricie, Côte de Charlevoix), ou filer vers l’inconnu en mettant cap au Nord pour une boucle de près de 600 kilomètres en pleine nature. Le choix étant rapidement entériné, reste à rendre visite à l’office du tourisme local pour obtenir quelques infos sur l’itinéraire envisagé (points d’intérêt, état de la route, etc…), nos guides de voyage étant résolument muets sur la question. S’ensuit une scène d’anthologie avec l’employée de service, totalement déroutée par nos intentions touristiques : “j’ sais pas quoi vous dire”, nous avoue-t-elle, “j’y suis jamais allée”… “mais c’est sûr et certain qu’ c’est bitumé, et pi c’est boisé”… de fins limiers dans cette officine!
Forts de ces précieuses révélations, nous voilà partis en direction de Chibougamau dans les régions de Baie James et d’Eeyou Istchee -presque un cinquième du territoire du Québec, mais à peine 30.000 de ses huit millions d’habitants, dont la moitié d’Indiens Cris. L’escapade nous rappelle un peu le Yukon, à ceci près que ce dernier accueille les voyageurs en route vers l’Alaska et les nostalgiques de la mythique ruée vers l’or. Malgré ses efforts pour développer le tourisme (Chibougamau, “porte d’entrée sur l’aventure boréale”, peut-on lire sur le site de la ville), le Nord québécois attire surtout les travailleurs des exploitations minières et forestières et ceux du secteur hydroélectrique, et nous y sommes un peu des ovnis.
Les cicatrices de l’histoire sont loin d’être refermées et l’accueil n’y est pas toujours chaleureux. Une petite virée dans ce coin permet de mesurer bien vite la fracture toujours existante entre les populations autochtones et la majorité blanche. Côté paysages, si la végétation manque parfois de variété sous ces latitudes (des conifères, des conifères et toujours des conifères…), le camping sauvage y est un vrai bonheur. Nous trouvons chaque soir un petit coin de paradis pour nous seuls au bord d’un lac, d’une rivière ou d’une bouteille de vin… l’occasion pour François de se familiariser avec l’art de la toilette dans les eaux glacées du grand Nord (NDLR : on a l’album complet, mais on ne vous en met qu’un extrait dans la galerie
), pour Bruno de traquer le renard qui affectionne notre barbecue nocturne et pour Julie de révéler sa passion longtemps refoulée pour le football (on a aussi des preuves). Bref, un parfait ménage à trois!
La suite de l’itinéraire nous conduit à travers le parc de la Vérendrye tout droit jusque Mont-Tremblant puis Sainte-Agathe-des-Monts où nous séjournons un peu plus longtemps que prévu, la faute à ce cuistre de Duke qui après 20 000 km décide unilatéralement que l’heure d’une petite révision a sonné (NDLR : le tas de ferraille, désormais requinqué, est depuis lors affublé du surnom non moins glorieux de Garcimore). Cette région des Laurentides est particulièrement belle en automne: du rouge au jaune, toute une palette de teintes chaleureuses habille les feuillus aux alentours. Les bois vallonnés et sillonnés de sentiers déserts à cette saison sont parsemés de lacs et de rivières, agrémentés de ravissants chalets posés ici et là… On aurait bien envie d’y acheter une petite cabane au fond des bois comme le dit la chanson. Pour couronner le tout, nous tombons un peu par hasard sur le délicieux restaurant ‘Clémentine’ de Val-David (merci François!), un vrai plaisir pour les papilles après trois mois de pique-niques dans le van. La dernière étape à trois sera Montréal avec un festival de jazz rue Saint-Denis, une petite terrasse privative et des chambres individuelles pour le plus grand bonheur de nos tympans à bout de force … Allez fais pas la tête gros ronfleur, de toute façon si tu mouftes on a des dossiers longs comme le canal de Suez
Notre périple au Canada prend fin comme il a commencé trois mois et demi plus tôt : une semaine de transition (deux en fait) à se poser dans une seule et même ville, cette fois-ci Ottawa… à la différence près que ces derniers instants, nous les avons passé à batailler avec la fine fleur administrative de la Colombie britannique, de l’Ontario, et du Québec. Et oui, ici c’est un État fédéral, où chaque province se moque éperdument de ce que sa voisine peut bien faire, et où les règles applicables aux véhicules (contrôle technique, assurance, validité du permis de conduire international, etc.) sont tout sauf harmonisées… Malheur au voyageur étranger qui s’est déplacé d’un État à un autre, il sera maudit pour sept générations… Enfin ça y est, le Duke est maintenant un citoyen à part entière de la Belle Province. « Je me souviens » dit sa plaque d’immatriculation flambant neuve, nous aussi on s’en souviendra ! Il a pris ses quartiers d’hiver à la campagne grâce à la gentillesse d’amis québecois, en attendant que ses futurs propriétaires « tombent en amour » avec lui au printemps prochain.
Ah oui, on ne pouvait pas quitter le Canada sans assister à un match de hockey sur glace. Ottawa est la ville des Senators, équipe de patineuses artistiques plus douées pour les doubles loots piqués que pour scorer une rondelle dans les filets adverses. Voyons dont : 2-7 contre les Flyers de Phily, on s’est bien marré dans l’arena ce soir là… ‘Fait que’, Agnès, les sénators c’est plus possible
.
Pour conclure, un tout grand merci à (grand) Félix (oublie pas ta feuille blanche), à Jean-Philippe a.k.a philosophe (remets-toi bien), à André et Chantal (il faut absolument gouter leur vin, voir leur site web ici) ainsi qu’à Etienne et Amy, fins connaisseurs de l’Argentine (A quand une nouvelle diffusion en France de leur film sur la ruta 40 ? … la bande-annonce ici) pour leur coup de main et leur gentillesse… et of course, mention toute spéciale aux chefs d’orchestres de nos derniers jours au Canada, nos hôtes de Crichton street : Patrice, Agnès & loulou (a.k.a le ‘laaaait’).
C’est maintenant la fin de la saison canadienne pour nous, alors direction le soleil et RDV à Buenos Aires pour de nouvelles aventures !
La bise…
PS à l’attention exclusive de Manouel, à qui la rédaction tient à rappeler gentiment ce merveilleux dialogue du film les tontons flingueurs : « Je vous préviens qu’on a la puissance de feu d’un croiseur et des flingues de concours » … à vous Pointe Noire !









Enfin quelques nouvelles, on s’était habitué à du rythme.
Vous avez du manquer de temps entre bonnes bouteilles et petits restaurants au fond des bois…
Nous fermons l’atlas du grand nord et prenons celui de l’Amerique du sud, joli voyage. Je t’envoie ce message de la terrasse de l’IAM où nous prenons notre petit déjeuner avec 28°, ciel bleu et mer calme.
Bises
F
[NDLR : A tous ceux qui avaient lu le message du 'corbeau' avant aujourd'hui, la rédaction tient à rétablir officiellement l'ordre des choses. Nous avions gentiment hacké la teneur du message initial... le voici donc republié dans son intégralité
]
Ayant été témoin de la rédaction de certains articles et de la faculté des auteurs à romancer leur voyage il est de mon devoir de vous informer, fidèles lecteurs, de certaines réalités…
Amis, parents ou simple lecteur anonyme, vous qui rêvez de voyage en lisant ce blog le lundi matin au boulot, sachez que tout ceci n’est qu’une belle histoire, et que le confort de votre quotidien métro/boulot/dodo n’est peut-être pas si désagréable ! Alors avant que vous ne franchissiez le pas, en les rejoignant, sachez ceci :
1- Les grands espaces, paysages vierges et camping sauvage dans des « petits coins de paradis » : ça fait envie, non ? avez-vous déjà passé la nuit sur le parking d’un Leclerc, en pleine zone industrielle, à trois dans 4m2? Certes le parking est grand et plutôt désert le soir, mais d’ici à le qualifier de coin de paradis ?
2- L’art de la toilette dans les eaux glacées du grand nord : ce moment n’est déjà pas une partie de plaisir, mais il est encore plus dur de partager sa nuit avec deux individus qui se limitent à un léger nettoyage à la lingette pour bébé malgré l’absence de douche depuis trois jours !
3- Les autochtones « encyclopédie vivante sur le fleuve et sa région » : effectivement nous n’aurions pas eu seuls l’idée de manger du poulet au sirop de bouleau ? Quoique cet exemple soit limite car la qualité du plat est fortement liée au talent du cuisinier… hein Javier ? ou aux attaques perfides de son assistante…
4- Les dunes désertes balayées par le vent : effectivement paysage magnifique. L’article oublie de préciser que nous avons du fuir ce lieu magique vers 21h pour regagner le parking du Gibar (…) car nous étions sur « le terrain de chasse » d’un groupe de scientifiques étudiant la migration de la chouette boréale et dont la capture consiste à imiter son bruit à l’aide de Haut-parleurs géants pour qu’elle se jette dans leurs filets.
Il existe de nombreuses autres anecdotes bien plus croustillantes, malheureusement, le nombre important d’éléments à charge contre manuel ne lui permettent pas de vous les révéler (Manuel au Gibar, Manuel à la toilette, Manuel en cuisine, Manuel au réveil…)
PS : Que de bons souvenirs en lisant cet article, le retour au boulot est délicat mais les souvenirs sont là. Profitez bien de l’étape 2 de votre aventure. Merci beaucoup pour ce super voyage et ces bons moments tous les trois. Et peut-être à bientôt en Australie
(…)
Pour info, le message que la rédaction avait modifié donnait ceci :
Ayant été témoin de la rédaction de certains articles et de la faculté des auteurs à romancer leur voyage il est de mon devoir de vous informer, fidèles lecteurs, de certaines réalités… Amis, parents ou simple lecteur anonyme, vous qui rêvez de voyage en lisant ce blog le lundi matin au boulot, sachez que tout ce qui est raconté dans ce blog est absolument vrai … mais la modestie empêche la rédaction de vous dire qu’en fait c’est même beaucoup mieux !! Alors avant que vous ne franchissiez le pas, en les rejoignant, sachez ceci :
1- Les grands espaces, paysages vierges et camping sauvage dans des « petits coins de paradis » : ça fait envie, non ? vous avez raison c’est chouette, sauf quand on passe ses vacances avec un être comme moi qu’il faut supporter du matin jusqu’au soir
2- L’art de la toilette dans les eaux glacées du grand nord : ce moment n’est déjà pas une partie de plaisir, mais il est encore plus dur de partager sa nuit avec deux individus qui sont tout le temps beaucoup plus propre que vous. Dans la mesure ou mon hygiène est bien souvent limite, comprenez que j’avais honte parfois de moi-même.
3- Les autochtones « encyclopédie vivante sur le fleuve et sa région » : effectivement nous n’aurions pas eu seuls l’idée de manger du poulet au sirop de bouleau ? Quoique cet exemple soit limite car la qualité du plat est fortement liée au talent du cuisinier… et comme je suis un bien piètre cuisinier, j’ai manqué de les étouffer a plusieurs reprises… sorry les amis !
4- Les dunes désertes balayées par le vent : effectivement paysage magnifique. L’article oublie de préciser que nous avons du fuir ce lieu magique vers 21h pour regagner le parking du Gibar (…) car nous étions sur « le terrain de chasse » d’un groupe de scientifiques étudiant la migration de la chouette boréale et dont la capture consiste à imiter son bruit à l’aide de Haut-parleurs géants pour qu’elle se jette dans leurs filets. Bon, j’ai bien tenté une opération pour retirer les haut-parleurs, mais comme j’avais trop bu je me suis effondré et j’ai du dormir dans un fourré, réveillé par une bestiole a poil court que je n’ai pu identifier.
Il existe de nombreuses autres anecdotes bien plus croustillantes, malheureusement, mais je ne vous embetterai pas avec elles tant mon voyage était génial, et puis ces gens ont tant de dossiers sur moi, il vaudrait mieux que je me tienne a carreaux
PS : désolé pour les fautes d’orthographe, j’ai acheté mon BEPC sur ebay.
Hum c’est étonnant… pourquoi le message original du corbeau n’a t’il pas été catalogué comme spam !?
Le corbeau était en verve…mais pas trop rancunier…il parle déjà de vous rejoindre en Australie…J’ai mon idée sur la véritable identité de ce volatile !!! Je l’aime tant que je ne dirai rien de mes déductions. Vous vous retrouvez à deux pour pratiquer un tango argentin sur musique d’un « toulousain » tout de même…Carlos Gardel venait de la ville rose et a laissé de belles notes sur le continent latino. Je vous espère bien dans cette partie du monde et attend avec impatience de lire vos « impressions ». Chris rentre très certainement lundi ou au plus tard mardi. Aujourd’hui grand plaisir d’apprendre que Muriel avait brillamment soutenu sa thèse et recueilli les lauriers qu’elle mérite amplement avec les félicitations du jury. Elle va pouvoir enfin respirer un peu. Nous de notre côté ne tarderons pas à arroser ce beau succès. Bises des vieilles branches !
Mon dieu ! et dire que nous sommes les coupables géniteurs de ces jeunes gens : l’une bidonne ses reportages (elle n’avait pourtant pas PPDA tous les soirs dans sa jeunesse, à moins que ce ne soit la néfaste influence de ce jeune barbu que l’on voit partout) et l’autre se complait dans le rôle regrettable du corbeau …
Comment savoir la vérité ? Bon c’est décidé, on les rejoint quelques jours et on verra ce qu’il en est !
Des parents désespérés.
Néfaste influence, néfaste influence !! Dites dont papounet, l’homme des bois n’est point expert, mais la piste d’un facétieux ADN lui semble néanmoins la plus probante pour expliquer ces agissements forts déplorables. J’en veux d’ailleurs pour preuve complémentaire et irréfutable les nombreux blancs cheveux de votre descendante que vous semblez déjà partager avec elle en grande abondance … Gnark ! ADN = CQFD :D