Santiago y alrededores
Nous avons quelque peu négligé le blog depuis un moment, ce qui est en soi une bonne nouvelle. Notre récit de voyage n’avance jamais autant que lorsqu’il fait mauvais temps ou qu’une destination ne répond pas vraiment à nos attentes… Mais voilà, depuis quelques semaines, le soleil brille et nous nous régalons ! Bref, depuis Valparaiso, nous avons parcouru pas mal de chemin, à commencer par la découverte de Santiago et de ses « environs ».
Santiago pour commencer : contrairement à Valparaiso, la ville ne nous évoquait aucune impression préalable, positive ou négative, et nous l’avons abordée l’esprit dégagé d’a priori. Plus tranquille, plus aérée, plus verte que la capitale argentine, Santiago du Chili nous a semblé bien agréable à vivre. Le centre-ville se parcourt aisément à pied, le long d’avenues ombragées bordées de terrasses de cafés. C’est par un beau dimanche de ce début d’été que nous crapahutons dans la ville à la découverte de ses principaux monuments. Sur les pelouses longeant le rio Mapocho, familles, jeunes gens et couples d’amoureux paressent au soleil, tandis que Plaza de Armas leurs aînés se concentrent sur leurs échiquiers. Une foule de promeneurs du dimanche se presse dans les quelques rues piétonnes aux alentours, flânant entre les étals des bouquinistes et gonflant les files d’attente devant les vitrines des glaciers (nous ne sommes pas les derniers !).
Devant le Palacio de la Moneda, les pages sombres de l’histoire semblent à la fois proches et lointaines. Presque 4 décennies depuis cet autre 11 septembre, mais seulement 5 petites années depuis la disparition de Pinochet, mort sans avoir été jugé… Sur les murs, les graffitis sont aussi là pour nous rappeler que les mouvements lycéens et étudiants, soutenus par la majorité de la population, se battent depuis plusieurs mois, faisant face à une répression féroce du gouvernement. L’enjeu : restaurer un système éducatif public moribond dans un pays ou l’éducation est devenue un bien commercial comme les autres, aux mains du secteur privé…
Logés à l’Hostal del Barrio, dans une rue tranquille à deux pas du quartier Bellavista, nous paressons sur notre balcon et dans les fauteuils confortables du jardin où les petits déjeuners s’éternisent. Pour notre deuxième jour, nous gravissons par 30 degrés les marches du Cerro Santa Lucia qui nous offre une vue panoramique sur la ville… mais c’est en funiculaire que nous rejoignons les hauteurs du Cerro San Cristobal. Vue d’en haut, Santiago nous apparaît pour ce qu’elle est, une immense mégalopole de plus de 7 millions d’habitants, s’étendant à perte de vue… Une fois redescendus pourtant, nous retrouvons très vite l’impression de naviguer dans une ville à taille humaine.
La suite alléchante de notre programme prévoyait l’exploration des vignobles chiliens. Aux alentours de Valparaiso et Santiago, la région centrale du pays abrite des maisons réputées, dont certaines sont même accessibles en métro ! Au volant d’une petite voiture, nous partons donc en direction de Santa Cruz, au cœur de la vallée de Colchagua. Malheureusement, nous découvrons rapidement qu’au Chili, la visite des vignobles obéit à une logique de « tours » à prix et horaires fixes, incluant nécessairement une visite guidée, souvent réservée à l’avance, du domaine et de ses « attractions » touristiques : promenade en calèche, funiculaire, les domaines rivalisent d’inventivité. Dans la plupart des cas, il est tout simplement impossible de se présenter à l’improviste pour une simple dégustation, qui de toute façon est payante.
Cela fait beaucoup de contraintes, on est loin, très loin, du petit roadtrip dégustatif que nous nous étions imaginé. Un poil déçus, nous profitons quand même de notre étape à Santa Cruz, petite bourgade chilienne très typique, pas touristique pour un sou, avec ses échoppes bigarrées et ses improbables salles de jeux.
Ceci dit, hors de question de noyer cette petite déconvenue dans l’eau, fût-elle de source, la découverte des vins se fait donc chez les cavistes ou revendeurs locaux… moins sexy que chez le viticulteurs (désolés Jeff) mais tout aussi plaisant pour égayer nos papilles. Le Sibaris 2008 de chez Undurraga (tendance Meursault), le Chardonnay 2010 de Santa Emiliana, ou le Gato Premium en Sauvignon Blanc de San Pedro sont des vins agréables pour apéritifs et/ou fruits de mer. Côté rouges c’est un peu plus compliqué : choix large + connaissances limitées = navigation à vue et pas de vrais coups de cœur. Le commun semble siroter du Concha y Toro (l’omniprésente maison chilienne, un peu survendue) mais rien de bien exceptionnel dans le verre quel que soit le cépage ou les années (abordables). Nous aurions bien testé l’Almaviva, mais nous avions d’autres gatos à fouetter !
L’option « Sideways » étant écartée, nous piquons à l’Est vers les Andes pour rejoindre le Parc National Altos de Lircay, à travers de jolis paysages méditerranéens qui nous semblent familiers : vignes en coteaux du sud de la France, vergers espagnols ou portugais, collines desséchées de Sardaigne… Les jardins et les champs sont couverts de fleurs en ce début d’été, nous rappelant nos escapades printanières dans les îles grecques. Et à mesure que nous nous approchons des Andes, certains paysages de basse montagne évoquent la Corse… Les villages traversées ne sont pas en reste, une belle animation règne autour de leurs étals de fruits et légumes et de leurs boutiques de bric et de broc, et nous prenons plaisir à y remplir nos sacs à dos en prévision de randonnées.
Quelques dizaines de kilomètres de piste poussiéreuse plus tard, nous élisons domicile pour la nuit dans un petit refuge paumé où nous sommes les seuls clients. Au réveil, cap sur l’Enladrillado, une sorte d’esplanade rocheuse offrant un superbe panorama à 360 degrés sur la chaine volcanique des Andes et ses contreforts. Sur les conseils avisés des rangers du parc, nous décidons de faire une boucle pour ne pas revenir par le même chemin. Les gentils « guardaparques » ont juste oublié de nous préciser le kilométrage de la boucle en question… Au final, nous aurons marché près de 30 km et nous regagnons notre refuge sur les rotules. L’effort valait la peine, tant pour les paysages que pour la faune et la flore riches et exotiques du parc, la gagnante étant sans conteste cette fleur bleue superbe et bizarre dont il nous reste à découvrir le nom (anyone ?).
Rassasiés de randonnée pour un petit moment, on file vers la mer, en prenant les chemins de traverse. Les paysages vallonnés sont superbes, on (!) en néglige de faire le plein à Talca, la seule grande ville traversée. A coup de point mort en descente et de sous-régime en côte, nous atteignons péniblement sur la réserve le charmant village de Curepto, où s’envolent nos derniers espoirs : la station service est fermée depuis trois jours, faute d’approvisionnement. Il ne nous reste plus qu’à faire le tour du village à la recherche d’une bonne âme prête à nous céder 5 litres du précieux liquide. Nous y gagnons la découverte d’un petit village de la campagne chilienne, qui nous aurait probablement échappé, et de ses habitants chaleureux, dont Jorge, notre sauveur du jour:) (NDB : Avant de le quitter, le Jorge se penche à ma vitre, et me tapant sur l’épaule avec un petit sourire en coin le bougre me donne du « mon garçon, quand on conduit une voiture, on fait attention aux compteurs hum ? »… ah mon chilien, si tu connaissais la véritable histoire !)
Notre arrivée sur la côte nous réserve un joli cadeau, dans un village de pêcheurs dont nous tairons le nom, on ne peut pas non plus vous révéler tous nos secrets de voyage ! Nous avons la chance d’arriver pour le retour des bateaux de pêche… qui ici sont encore tirés des flots par des bœufs. Quel bonheur d’assister à une telle scène, qui nous rappelle certains récits de voyage en Europe du Sud de nos grands parents, dans les années 50 ou 60 ! Il règne une effervescence ahurissante sur ce petit morceau de plage, entre les cris des hommes guidant les animaux, les filets se vidant de leurs prises, les camionnettes que l’on charge, et surtout le vacarme produit par des centaines de mouettes et de pélicans à l’affut. Pas de doute sur la fraicheur du poisson et des fruits de mer vendus à même la plage, à quelques mètres des bateaux de pêche…
La suite de notre périple nous conduit à travers paysages de salines et villages côtiers paumés jusqu’à Pichilemu, une étape franchement oubliable : les touristes et les surfeurs attendant la tempête des 50 ans y sont plus nombreux que les pêcheurs, on est très loin des scènes inoubliables de l’après-midi. Même déception à Isla Negra, où nous souhaitions visiter une autre maison de Pablo Neruda. Le coin est magnifique, mais le marketing autour du souvenir du poète et les hordes de touristes qui s’engouffrent dans le porche de sa maison nous découragent. Nous trouvons refuge au calme à El Tabo, dans une petite cabane avec vue sur mer, où nous assistons tranquillement à un beau coucher de soleil.
Nous avons vraiment aimé cette petite virée dans une région peu fréquentée par les touristes internationaux. Les Andes d’un côté, le Pacifique de l’autre, et au milieu une jolie vallée plantée de vignes et de vergers, ce morceau de Chili a beaucoup à offrir : des sentiers de randonnées à parcourir seuls ou presque, des tranches de vie authentiques désormais disparues des zones devenues balnéaires, et de belles petites routes de campagne, bref un vrai régal et une belle invitation à sortir des sentiers battus.
Bientôt la route du sud nous pousse vers les portes de la Patagonie… au prochain épisode les îles Chiloé et 4 jours de navigation dans les fjords du sud chilien !
La bise
NDB / Note du barbu





Amigos !!
2012…je franchis le pas…je poste enfin sur vorte mirifique journal de voyage.
En même temps dès qu’il y a du quizz botanique dans l’air…y’a du Ju dans l’atmosphère.
La flor de su secreto se nomme Puya berteroniana et appartient à la famille des Broméliacées. On la rencontre aussi sous le nom de Puya turquoise…allez savoir pourquoi. Bruno, ce serait pas dû à sa couleur dis voir ? Entre nous, les chiliens l’appellent le Chagual.
Hasta pronto chico/chica !
Je vous embrasse bien et n’hésiterai pas à reposter dès qu’il y aura d’autres quizz du genre déglinguo.
PS/Ah au fait, c’est bien sympathique de vivre par procuration un voyage que j’aurai aimé faire avec les miens…Il n’est pas inconcevable que la lecture de vos récits puissent transformer certains de mes rêves en réalité proche.
Un grand merci à toi Jacques Capelovici, même si j’ai encore un doute sur le lien entre couleur et appellation
T’en fais pas du quizz il y en aura… surtout si tu te diversifies en dehors de la botanique, car il nous arrive aussi de croiser des Piafs Volants Non Identifiés ! Question voyage, transformez mon fol, transformez ; car c’est un peu comme du Kiri … « c’est tellement bon que ça se passe de commentaire » ! La bise
Bon,il était temps que ça reprenne, il y a du retard quand on sait où vous êtes…on vous pardonne, voyager dans son fauteuil c’est pas mal. Le copain JU est vachement calé en botanique, bravo. Le retour de pêche me rappelle celui de Praïa de Mira au Portugal il y a bien 40 ans, même attelage et même effervescence autour du poisson remonté dans une nasse. Pour le vin vous me mettrez 3 caisses de blanc et une de rouge pour gouter…
Bises
F
Oui et ça ne va pas en s’améliorant ce retard mon bon monsieur ! Le Ju est pas mal calé oui, d’ailleurs maintenant quand nous avons une question nous ne perdons plus notre temps avec google, nous le contactons directement ça va plus vite ! La scène du retour de pêche nous a vraiment bluffé, un peu l’impression d’avoir utilisé une machine à remonter le temps, avec un chouïa de chance quand même d’être au bon endroit au bon moment. Hum, et pourquoi pas des fûts (de vin) tant que vous y êtes…
Des bises
une petite série de photos qui m’a fait penser à vous:
http://www.fubiz.net/2012/01/06/feet-first-series/
sinon, merci pour le mail, il m’a bcp fait rire, je vais (enfin) prendre le temps d’y répondre, après le départ de la belle famille (à 8 dans notre appart pendant 5 jours, c’est crevant
à ++ et bonne continuation ^^
Ha ha, que celui qui n’a jamais pris en photo ses propres petons sur tel ou tel lieu en voyage lève le pied droit ! 2012, nouvelle année, nouvelles résolutions OK… mais nous ignorions que vous aviez abandonné l’idée d’un appartement à deux au profit d’un gite d’étape… vous visez les 5 épis sous combien ? Il y a de l’eau chaude et internet ? Les tarifs please ! Allez hop, claquage de bise.
Hola les chicos amigos queridos, happy new year tout là bas, on a partagé un peu de votre vie sur le continent américain puisque nous rentrons tout juste de NYC avec notre petit monstre qui découvre le monde à sa façon, tel une tornade infernale qui arrache, broie et détruit absolument tout sur son passage : vêtements de poupées déchirés, assiettes cassées, gels douche vidés dans les lits, plantes exterminées, Jean-Jacques torturé, les slips de la commode rangés à présent derrière le canapé. Tough days !
Alors profitez bien de cette douce aventure, merci pour les récits, les photos…et que ça continue in 2012 ! Je vous embrasse deeply et vous suis par la lecture. Anneclaire
Hola ninos… Après Katrina, voici Sasha quoi !
Mention spéciale au gel douche vidé dans le lit, on veut la photo de vos têtes à la découverte du délit ! La bise, et la belle année!
PS : nous avons déposé un cierge pour Jean-Jacques (quien es by the way?), espérant qu’il s’en remette
Entre les stations chez les marchands de glace, les marchands de vin chiliens, les fréquentations de petits ports pittoresques dignes du Portugal il y a 40 ans, le dépaysement vous va bien ; envoyez nous un peu de votre chaleur chilienne pour nous sortir de notre grisaille normande pluvieuse et ventée quotidienne ; vos magnifiques photos suffisent presque à nous réchauffer ; toujours super! !! bises
Mum.
Question temps nous sommes pas mal gâtés depuis plusieurs semaines, mais plus nous approchons du sud des Amériques et plus le climat se rafraichit par moments… nous supportons même nos polaires assez tôt dans la journée par endroits (oui, nous sommes définitivement à plaindre)
De la bise en-veux-tu-en-voilà