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	<title>Le nez au vent</title>
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		<title>En chemin, le Mordor</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 10:01:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Brulie</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mais qu&#8217;est-ce que c&#8217;est vert la Nouvelle Zélande ! Cherchez un peu dans vos souvenirs, rappelez-vous ces cours de biologie du collège où vous roupilliez tranquilou avant d&#8217;aller à la cantoche manger votre steak-haché-frites du jeudi&#8230; Votre professeur désemparé(e) tentait d&#8217;expliquer à vos distraites oreilles la beauté du processus de photosynthèse et la mystérieuse production de ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mais qu&#8217;est-ce que c&#8217;est vert la Nouvelle Zélande ! Cherchez un peu dans vos souvenirs, rappelez-vous ces cours de biologie du collège où vous roupilliez tranquilou avant d&#8217;aller à la cantoche manger votre steak-haché-frites du jeudi&#8230; Votre professeur désemparé(e) tentait d&#8217;expliquer à vos distraites oreilles la beauté du processus de photosynthèse et la mystérieuse production de la chlorophylle&#8230; Ça vous revient bande de petits cancres ? Hum, ça devait ronronner au fond de la classe ! Nous n&#8217;étions pas très concentrés non plus mais nous avons retenu qu&#8217;en plus de la lumière, une certaine molécule au doux sobriquet d&#8217;H2O avait plus que son mot à dire dans l&#8217;histoire. Bref, pas de doute sur l&#8217;origine de la luxuriante végétation néozélandaise : il pleut, il flotte, il mouille&#8230; en abondance ! Mais on aurait pu s&#8217;en douter de toute façon : un endroit qui ressemble simultanément à l&#8217;Irlande, à l&#8217;Ecosse, à la Bretagne, à la Normandie et à l&#8217;Ile Maurice, c&#8217;est forcément un peu humide&#8230; Il va falloir slalomer entre les gouttes !</p>
<p>Suite de nos péripéties au pays du vert donc. Nous quittons Auckland par la highway 1 qui traverse du nord au sud les deux îles kiwi, en direction du centre de la North Island <em>(NDRL : en Nouvelle Zélande, tout est surnommé &#8216;kiwi&#8217; : commerces, transports, équipes sportives, productions en tout genre&#8230; le fruit vert n&#8217;y est évidemment pour rien, l&#8217;oiseau sans ailes du même nom étant l&#8217;emblème du pays)</em>. Sur la route défile un joli paysage presque familier de bocage, cultures et pâturages où paissent vaches et moutons, interrompu ça et là par de grandes forêts de conifères. De superbes massifs d&#8217;agapanthes blanches et mauves ornent les routes ou bordent les jardins des maisons en bois d&#8217;inspiration anglaise. Par moments, une végétation tropicale de plantes grasses et de fougères géantes (les <em>Cyathea dealbata</em>, symbole des blacks au rugby) se fait plus présente, donnant à cette Normandie néo-Zélandaise des airs de tropiques. Plus encore que les similarités avec des paysages connus, c&#8217;est la topographie qui attire  l&#8217;attention : la terre semble ici plissée, contrainte, comme tordue par endroits. Cratères, collines, vallées et vallons plus ou moins marqués, le plat ici n&#8217;existe pas. L&#8217;eau, encore elle, est presque toujours présente dans le paysage : lacs, étangs, trous d&#8217;eau, rivières, torrents, cascades, sans parler des deux océans qui bordent le pays. </p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/countryside.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/countryside-1024x311.jpg" alt="" title="countryside" width="512" height="156" class="aligncenter size-large wp-image-1000" /></a></p>
<p>Arrivés à Taupo sur les rives du lac éponyme, nous sommes accueillis par quelques éclaircies de fin de journée et en profitons pour nous promener le long du plus grand des lacs kiwis, qui occupe un  cratère géant vieux de 25000 ans. N&#8217;en déplaise à certains aficionados de pêche à la truite ou d&#8217;activités à haut rythme cardiaque (chute libre, saut à l&#8217;élastique, saute-moutons et autres folies du même acabit), la ville de Taupo présente peu d&#8217;intérêt à notre goût. Nous n&#8217;y passerons qu&#8217;une nuit, préférant filer dès le lendemain matin vers le petit village de Turangi, l&#8217;une des portes d&#8217;entrée du magnifique parc national de Tongariro. Une fois installés dans un chouette backpackers, nous profitons du soleil revenu pour quelques heures pour explorer les environs: courtes marches le long de la rivière Tongariro ou sur les hauteurs boisées de Pukawa,  pique-nique et farniente au bord des eaux claire(ment froide)s du lac, découvertes des piscines thermales naturelles aux couleurs orangées et odeurs de souffre, ainsi que d&#8217;étranges &laquo;&nbsp;mudpools&nbsp;&raquo; à la surface desquelles viennent éclater en permanence de grosses bulles de boues. Dans les forêts, le volume sonore produit par les insectes et les oiseaux est impressionnant. Sur notre chemin, l&#8217;accès d&#8217;un petit village nous est interdit, sans que nous  sachions pourquoi&#8230;  Sans doute s&#8217;agit-il d&#8217;un territoire maori, fonctionnant sur le même principe que certaines &laquo;&nbsp;réserves&nbsp;&raquo; canadiennes ou américaines. </p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/Lake-Taupo.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/Lake-Taupo-1024x682.jpg" alt="" title="Lake Taupo" width="512" height="341" class="aligncenter size-large wp-image-1001" /></a></p>
<p>Toute la région -voire tout le pays- est marquée par une intense activité géothermique. Il n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas rare de voir s&#8217;échapper quelques fumerolles sauvages ici ou là. Le parc naturel tout proche est l&#8217;un des plus anciens et des plus beaux de Nouvelle-Zélande. Les sommets des volcans Tongariro, Ngauruhoe et Ruapehu forment trois magnifiques pics de moyenne montagne qui dominent cette zone volcanique encore active. Le temps très instable n&#8217;offrant guère de visibilité au-delà de 12h, nous faisons une croix sur le trek de plusieurs jours et nous décidons pour une balade à la journée, le &#8216;Tongariro alpine crossing&#8217;. </p>
<p>8h du matin, un bus nous dépose à Mangatepopo, point de départ de cette marche de près de 20km. Il bruine, et le début de la randonnée se fait dans un décor de pierres noires volcaniques qu&#8217;accompagne un plafond nuageux ne dépassant probablement pas 100 mètres. La végétation est aussi rare que la faune, nous progressons par paliers sur les bords de la première montagne dont nous ne verrons rien, car elle est totalement recouverte par un épais brouillard (nous n&#8217;apercevrons d&#8217;ailleurs rien non plus du second pic pour les mêmes raisons). Après South Crater, sorte de &#8216;soupière&#8217; sablonneuse et rocailleuse géante, le terrain continue de s’élever sur les bords de ce qui ressemble nettement à un cône volcanique. Le vent souffle fort sur les crêtes, et les multiples vallées accidentées de roches noires et grises en contrebas s&#8217;étendent à perte de vue. Peter Jackson ne s&#8217;est pas trompé lorsqu&#8217;il fit le choix de cette région comme l&#8217;un des décors naturels du &#8216;seigneur des anneaux&#8217; : bienvenue dans le Mordor !</p>
<p>L&#8217;ascension se poursuit dans la brume pour arriver sur les bords du Red Crater. Comme par miracle, les nuages s&#8217;écartent pendant quelques dizaines de minutes pour laisser apparaître un extraordinaire paysage volcanique, avec en contrebas d&#8217;une langue de cendre et de terre les eaux vertes des &#8216;Emerald lakes&#8217;. De la rocaille s&#8217;échappent de larges fumerolles qui embaument l&#8217;air d&#8217;une forte odeur de souffre&#8230; A se demander comment Haroun Tazieff a pu coller son nez pendant plus de 50 ans dans ces trous qui fument ! Le Red Crater arbore son plus beau rouge tandis qu&#8217;aux alentours les couleurs n&#8217;apparaissent que par petites tâches au gré de la lumière qui peine à percer les nuages&#8230; le site naturel est saisissant. On imagine aisément Gollum surgir derrière une roche. C&#8217;est à se demander également à quel point la prévision des éruptions volcaniques est une discipline fiable <img src='http://www.lenezauvent.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/Tongariro-alpine-crossing-emerald-lakes-red-crater.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/Tongariro-alpine-crossing-emerald-lakes-red-crater-1024x251.jpg" alt="" title="Tongariro alpine crossing - emerald lakes &amp; red crater" width="512" height="126" class="aligncenter size-large wp-image-1002" /></a></p>
<p>La fin de la randonnée est une longue descente en lacets de plus d&#8217;un km de dénivelé en contrebas du Mont Tongariro. A mesure que l&#8217;on redescend, la végétation réapparaît. La randonnée se termine dans une forêt luxuriante, où insectes et oiseaux reprennent progressivement leurs vocalises. </p>
<p>Nous quittons le centre de la North Island le lendemain. Le bateau qui nous emmène vers l&#8217;Ile du Sud part dans quelques jours, et nous en profitons pour descendre tranquillement vers Wellington. La pluie a redoublé, nous tirons un trait sur la région de New Plymouth et le Parc national d&#8217;Egmont, dominé par le volcan Taranaki. En route nous faisons halte à Wanganui, une petite ville agréable sur la rivière du même nom, pour y déjeuner puis décidons de passer la nuit à Palmerston North avant de faire route sur la capitale néo-zélandaise. Un certain John Cleese, de passage dans cette grosse ville étudiante (le plus gros campus kiwi), décrivit la ville en ces termes : &laquo;&nbsp;If you ever want to kill yourself, but lack the courage, I think a visit to Palmerston North will do the trick&nbsp;&raquo;. La ville, pleine d&#8217;un goût très british pour la plaisanterie, décida en retour de donner son nom à une décharge publique <img src='http://www.lenezauvent.fr/wp-includes/images/smilies/icon_biggrin.gif' alt=':D' class='wp-smiley' /> . Sans verser dans la farce montypythone, la ville ne présente qu&#8217;un intérêt très limité, et après une exploration sporadique, nous nous installons dans une salle de cinéma projetant J. Edgar Hoover. Un film pas fou dans une ville pas folle !   </p>
<p>Les sirènes de Wellington nous attirent, mais sa découverte sera pour notre retour à l&#8217;Ile du Nord dans quelques semaines. La ville a l&#8217;air vraiment très agréable, sans doute plus culturelle et &laquo;&nbsp;arty&nbsp;&raquo; qu&#8217;Auckland. Nous prévoyons d&#8217;y passer plusieurs jours au retour. Pour l&#8217;heure, nous n&#8217;y restons qu&#8217;un peu plus de 24 heures, le temps de préparer notre trajet sur l&#8217;Ile du Sud, d&#8217;avoir confirmation que l&#8217;internet gratuit n&#8217;est que rêve en NZ (les voyageurs mal habitués que nous sommes vont devoir se mettre au pas)&#8230;. et donc de prendre le bateau. </p>
<p>On vous donne rendez-vous dans l&#8217;Ile du Sud</p>
<p>Ciao</p>
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		<title>La cité des voiles</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Feb 2012 04:16:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Brulie</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quatre décollages, autant d’atterrissages, quelques démêlés avec l&#8217;immigration US, un petit arrêt à Venice Beach histoire de se dégourdir les jambes, et nous voilà enfin arrivés à Auckland. Sans doute avez-vous entendu parler de ces études proposant un soi-disant palmarès des meilleures villes du monde&#8230; Ce serpent de mer journalistique est réapparu à l&#8217;automne dernier, ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quatre décollages, autant d’atterrissages, quelques démêlés avec l&#8217;immigration US, un petit arrêt à Venice Beach histoire de se dégourdir les jambes, et nous voilà enfin arrivés à Auckland. </p>
<p>Sans doute avez-vous entendu parler de ces études proposant un soi-disant palmarès des meilleures villes du monde&#8230; Ce serpent de mer journalistique est réapparu à l&#8217;automne dernier, hissant Auckland à la troisième place. Impossible de trouver autre chose que des conclusions succinctes sur le site web de Mercer, la pseudo agence de consulting qui a produit ce dernier classement. Pas d&#8217;explications détaillées sur les attraits qui ont valu à Auckland son entrée sur le podium après deux années successives passées à la 4ème place. Mais à notre humble avis, les raisons doivent pouvoir se trouver entre les grains de sable fin de Takapuna Beach, dans les eaux de Viaduct Harbour, ou sur les versants herbeux de North Head, face à Rangitoto Island</p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/baie-dauckland-2-2380x847.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/baie-dauckland-2-2380x847-1024x364.jpg" alt="" title="View from North Head" width="512" height="182" class="aligncenter size-large wp-image-983" /></a></p>
<p>Quant à Vienne et Zurich, qui ont ravi les deux premières marches du podium, mieux vaut ne pas chercher à savoir à quelles compromissions inavouables elles se sont abaissées pour décrocher leur triple A et surpasser Auckland. On soupçonne des relations aussi troubles que celles qui unissent Goldman Sachs au Trésor grec&#8230; Allez, trêve de méchanceté gratuite, nous n&#8217;y avons jamais mis les pieds:) Mais Auckland en revanche nous a définitivement conquis&#8230;</p>
<p>La ville est à la cool pour notre arrivée, avec un week-end de trois jours. Le lundi 6 février est un jour férié commémorant la signature en 1840 du traité de Waitangi. Censé régler les relations entre les Maoris et les Anglais et marquer la fin des guerres néozélandaises du XIXème siècle, ce texte reste aujourd&#8217;hui source d&#8217;interprétations contradictoires. </p>
<p>Encore un peu assommés par le voyage, on se contente pour ce premier week-end d&#8217;une petite ballade à pied dans le quartier de Viaduc Harbour. Cette marina en pleine ville abrite voiliers, yachts et monocoques de l&#8217; America&#8217;s Cup, tandis que les étals des poissonneries et restaurants de l &#8217;Auckland fishmarket font de l’œil aux promeneurs. Et tout ça au pied des gratte-ciels !</p>
<p>Nous faisons également un petit tour rapide à Albert Park où se tient le festival des lanternes célébrant le nouvel an chinois. Nous arrivons en fin d&#8217;après-midi pour admirer les lanternes qui gagnent en intensité avec la pénombre qui s&#8217;installe. Une bonne introduction au multiculturalisme version néo-zélandaise, une proportion non négligeable de la population d&#8217;Auckland étant d&#8217;origine asiatique. </p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_9162-2380x1583.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_9162-2380x1583-1024x681.jpg" alt="" title="Monkey  Lantern" width="512" height="340" class="aligncenter size-large wp-image-984" /></a></p>
<p>On termine le week-end par une séance de ciné dans un de ces multiplexes déshumanisés qui trônent aujourd&#8217;hui dans toutes les grandes villes du monde. Au menu, &laquo;&nbsp;The descendants&nbsp;&raquo; d&#8217;Alexander Payne, un film a priori encensé par la critique. Hum , vous l&#8217;avez vu vous ? Franchement, si M. What Else empoche une statuette pour ce rôle, c&#8217;est qu&#8217;il est de mèche avec l&#8217;agence Mercer ! Autant dire qu&#8217;on n&#8217;a pas compris l&#8217;engouement pour ce film bancal, loin très loin de la poésie décalée de Sideways&#8230;</p>
<p>Après ces quelques jours <em>Lost in Translation</em>, nous voici reposés et près pour les choses sérieuses. On commence par le musée d&#8217;Auckland et ses collections d&#8217;objets des îles du Pacifique et de Nouvelle Zélande, trésors maoris en tête. On traîne aussi nos guêtres dans les galeries consacrées aux guerres, entre autres les guerres néozélandaises et les deux guerres mondiales. Tout ça va un peu trop vite pour nous, c&#8217;est un peu l&#8217;histoire et la culture kiwis pour les nuls, il va falloir bosser un peu ! </p>
<p>La géographie et la géologie de « l&#8217;Ile du grand nuage blanc » occupent un étage entier du musée, mais là on préfère mettre le nez dehors et se familiariser avec tout ça de façon plus concrète. Direction les points de vue époustouflants offerts sur la ville par ses innombrables volcans. Auckland repose une cinquantaine d&#8217;entre eux et les rues ne cessent de monter et de descendre au gré de leur fantaisie. Nombreux sont ceux qui ont été préservés et transformés en parcs, pour le plus grand plaisir des marcheurs, joggers et autres moutain bikers. La dernière éruption s&#8217;est produite il y a 600 ans, mais ce champ volcanique est toujours actif, ce qui ne semble pas troubler les locaux.</p>
<p>Nous explorons successivement Mount Eden, One Tree Hill, Mount Victoria et Head Point. Les panoramas sont spectaculaires. Impossible de s&#8217;y retrouver sans carte pour comprendre où sont la mer, la terre, les îles&#8230; Le panorama est un patchwork mêlant gratte-ciels, maisons basses en bois coloré, bras de mer enjambés par des ponts, plages de sable, criques rocheuses et bien sûr les innombrables marinas où dansent les voiliers qui ont valu à Auckland son surnom de &laquo;&nbsp;cité des voiles&nbsp;&raquo;. </p>
<p>Pour les amateurs de farniente, Auckland offre l&#8217;embarras du choix. En pleine ville, le sable doré des plages de North shore et de Tamaki drive leur tend les bras. A peine plus loin, c&#8217;est la nature à l&#8217;état brut qui les attend, avec une succession de plages sauvages battues par les vents : Muriwai, Bethells, Karekare, Piha&#8230; sont autant de terrains de jeux pour les surfeurs. A Muriwai, ceux-ci partagent les lieux avec une colonie de fous austraux</p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/Muriwai-Beach-2380x1587.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/Muriwai-Beach-2380x1587-1024x682.jpg" alt="" title="Muriwai Beach" width="512" height="341" class="aligncenter size-large wp-image-986" /></a></p>
<p>Les routes d&#8217;accès à ces coins de paradis serpentent entre les collines du parc protégé de Waitakere, tout proche d&#8217;Auckland, dont de nombreux sentiers de randonnée permettent de découvrir la végétation luxuriante. Les maisons de bois disséminées ça et là sur les versants des collines ont des vues magnifiques sur l&#8217;océan, et on se poserait volontiers sur leurs vérandas ombragées&#8230;</p>
<p>Et tout ça n&#8217;est encore qu&#8217;un tout petit morceau d&#8217;Auckland, dont nous sommes loin d&#8217;avoir exploré tous les quartiers. La ville est aussi réputée pour sa gastronomie aux multiples influences (polynésiennes, européennes, asiatiques&#8230;) que nous découvrirons lors d&#8217;un prochain passage, ayant préféré nous remettre tranquillement du voyage au calme dans notre petit appartement de Ponsonby. </p>
<p>Voilà pour nos premiers pas en Nouvelle-Zélande. Nous partons en direction du lac Taupo, joliment mis en appétit par cette première étape. </p>
<p>See ya</p>
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		<title>Carnaval !</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Feb 2012 04:37:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Brulie</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>3 mois, quelques milliers de kilomètres, et c&#8217;est déjà notre ultime destination en Amérique du Sud avant un dernier changement de continent. Nous rendons visite à l&#8217;Uruguay, ou plus précisément à sa côte Sud, car nous ne disposons que d&#8217;une courte semaine pour cette dernière escapade. C&#8217;est jour de fête, le calendrier nous sourit (et vice versa) puisque la capitale Montevideo nous fait l&#8217;honneur d&#8217;organiser le défilé inaugural de son carnaval. Et elle fait bien la bougresse, car on ne peut pas dire que les charmes de cette ville soient variés et sautent aux yeux du premier voyageur s&#8217;y étant égaré ! Pour tout attrait, la capitale uruguayenne a … hum … possède euh … hum … voyons … des bâtiments qui euh … tiennent parfois debout ? OK, on en rigole un peu mais n&#8217;est pas Rome qui veut, la ville ne peut se prévaloir d&#8217;une architecture très riche. Il y a bien quelques maisons de style colonial qui habillent d&#8217;histoire certaines rues du centre&#8230; mais si c&#8217;est ce que vous cherchez, passez votre chemin en direction de Colonia del Sacramento.</p>
<p>Il y a bien quelques attractions du côté du port, comme le petit musée du carnaval, ou le marché couvert abritant parillas et restaurants de poissons. L&#8217;endroit bourdonne à l&#8217;heure des repas, et les barbecues XXL sur lesquels grillent des monceaux de viandes et légumes sont pour le moins impressionnants. Mais comme dirait un certain personnage d&#8217;E. Rostand, &laquo;&nbsp;c&#8217;est un peu court jeune homme&nbsp;&raquo; (la suite ne s&#8217;appliquant pas ici). Bref, question culinaire, nous préférons au marché portuaire les charmes d&#8217;un petit resto installé non loin de notre hôtel, et dans lequel nous battrons notre record d&#8217;assiduité (si vous passez à Montevideo, laissez vous tenter par &laquo;&nbsp;Walther&#8217;s&nbsp;&raquo;). </p>
<p>Ceci dit, nous serions malhonnêtes en nous arrêtant à ce sarcastique tableau, car même si la ville  est peu encline à dégainer ses rhums arrangés au premier comptoir venu et donne parfois une impression mollassonne proche de la neurasthénie urbaine (ce n&#8217;est pas pour rien qu&#8217;on la surnomme parfois la « Genève Sud-américaine »), quelques lieux bien cachés permettent de sentir battre son pouls. Le Fun Fun, un minuscule bar fondé en 1895 et perdu entre la place centrale et le front de mer, est l&#8217;un d&#8217;entre eux. Ici c&#8217;est le tango qui fait vibrer les cœurs, tout autant qu&#8217;en Argentine. D&#8217;ailleurs, pour les Uruguayens, c&#8217;est bien à Tacuarembó, au Nord Est de l&#8217;Uruguay, et non à Toulouse qu&#8217;est né le chanteur Carlos Gardel&#8230; Sa photo dédicacée trône en bonne place au Fun Fun, et sa voix résonne encore entre les murs chargés d&#8217;histoire de ce bar mythique de Montevideo. Nous nous y laissons embarquer le temps d&#8217;une soirée par un duo de tangueros inspiré, lui à la guitare, elle au chant, non sans avoir goûté à la fameuse Uvita, l&#8217;alcool emblématique du Fun Fun à la composition tenue secrète&#8230;</p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/P1040888-2380x1435.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/P1040888-2380x1435-1024x617.jpg" alt="" title="Fun Fun" width="512" height="308" class="aligncenter size-large wp-image-957" /></a></p>
<p>Le lendemain, c&#8217;est Carnaval! N&#8217;ayant jamais eu l&#8217;occasion d&#8217;assister à pareille fête, c&#8217;est avec des yeux de gosses et un imaginaire que nous partageons probablement tous (si on vous dit carnaval sud-américain, vous pensez quoi ?) que nous réservons deux places pour l&#8217;événement… ça peut paraître étrange, mais ici les sièges de rue se réservent pour le défilé inaugural. Ces quelques mois d&#8217;Amérique du Sud nous auront au moins appris une chose : si l&#8217;horaire annonce 20H, ajouter deux bonnes heures ! Cette règle étant immuable, nous décidons néanmoins de nous pointer à 20H, ce qui nous permet d&#8217;assister aux préparatifs&#8230; pas ceux des compagnies qui s’apprêtent à défiler non : les préparatifs des spectateurs ! Car il s&#8217;agit bien de cela, le spectacle est dans TOUTE le rue. Et cette dernière s&#8217;est muée en véritable ruche&#8230; Des vendeurs ambulants de masques, de chapeaux, de ballons, de cotillons, de bombe à mousse et de confettis arpentent cette artère centrale qui se remplit à vive allure. Des gosses hilares courent et sautent un peu partout, les familles s&#8217;installent ici et là, la sono peine à couvrir le brouhaha ambiant&#8230; Le centre ville est en effervescence, ce qui tranche avec les 2 précédents jours passés à arpenter cette ville légèrement soporifique. Pas de doute, il se trame quelque chose d&#8217;important&#8230;</p>
<p>Bien calés dans nos chaises de bois non loin de la place principale, nous voilà partis pour 4h d&#8217;un spectacle populaire, coloré, musical et dansant et disons le -fichtrement festif ! Défilent pêle-mêle et dans une débauche de déguisements plus étourdissants les uns que les autres <em>murgas, parodistas, humoristas, negros y lubolos, revistas</em>&#8230; La différence entre toutes ces catégories aux rôles bien définis nous échappe encore, mais peu importe, il n&#8217;y a qu&#8217;à se laisser entraîner par la succession de chars, porteurs de drapeaux géants, musiciens, percussionnistes et chanteurs rythmant les pas de danseurs endiablés et de leurs danseuses effeuillées&#8230; Le tout entrecoupé par le passage de quelques camions publicitaires pour de la mauvaise bière, et dans une ambiance chauffée à blanc. </p>
<p>L&#8217;impression générale est celle d&#8217;une fiesta géante à laquelle tout le monde participe, les flashes crépitent, les danseurs entrainent la foule&#8230; on ne coupe pas à l&#8217;infatigable morceau de Michel telo et son Ai Se Eu Te Pego, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=hcm55lU9knw" target="_blank">cliquez ici</a> ! <em>(NDLR : rien à voir avec le carnaval, mais dans l&#8217;hypothèse peu probable où la musique de ce garçon ne serait pas encore arrivée jusqu&#8217;à vos oreilles, on vous donne en bonus le deuxième truc qui marche du feu de Diego ici&#8230; ca sent l&#8217;Italie, mais c&#8217;est argentin, en même temps les Argentins sont pour beaucoup des Italiens, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=baYp-Sn_cgM" target="_blank">cliquez ici</a>)</em>. L’instantané est splendide, on en redemande jusqu&#8217;à épuisement des yeux et des oreilles&#8230; </p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_7784-2380x1587.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_7784-2380x1587-1024x682.jpg" alt="" title="Danseuse bleue" width="512" height="341" class="aligncenter size-large wp-image-956" /></a></p>
<p><em>[NDLR : Le photographe s'est emmêlé les pinceaux pendant les défilés (était-ce l'uvita de la nuit précédente ?) en confondant allègrement vitesse et obturation... le résultat n'est donc pas toujours satisfaisant]</em>  </p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_7992-2380x1060.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_7992-2380x1060-1024x456.jpg" alt="" title="Percussions" width="512" height="228" class="aligncenter size-large wp-image-955" /></a></p>
<p>L&#8217;ouverture du carnaval maintenant derrière nous (les festivités se poursuivent pendant 40 jours, l&#8217;Uruguay s’enorgueillissant d&#8217;avoir le plus long carnaval d&#8217;Amérique Latine), nous reprenons la route vers Colonia del Sacramento située dans le delta du Río de la Plata, face à Buenos Aires. Cette ville de petite taille nous apparaît dans un premier temps comme assez banale, avec ses quelques bâtiments impersonnels et ses rues aux commerces habituels&#8230; mais c&#8217;est sans compter la découverte de son magnifique centre historique. Fondée par les Portugais au XVIIème siècle et longuement disputée avant d&#8217;être définitivement ravie par les Espagnols, Colonia conserve aujourd&#8217;hui de très beaux restes de son passé colonial. </p>
<p>Le vieux quartier entouré de remparts s&#8217;organise autour de quelques rues aux pavés d&#8217;un autre temps bordées de maisons et d&#8217;anciennes posadas. L&#8217;atmosphère est celle de certains petits villages grecs ou italiens, avec leurs places et placettes envahis de terrasses de cafés observant distraitement la &#8216;mer&#8217;. La végétation n&#8217;est pas en reste, oscillant entre Méditerranée et Tropiques : ici un grand bougainvillier, là un buisson de jasmin odorant, plus loin encore de superbes hibiscus en fleurs&#8230; Avec ses ateliers d&#8217;artistes nichés au cœur des vielles maisons coloniales et de leurs jardins luxuriants, Colonia del Sacramento est aussi une lointaine cousine de l&#8217;Ile de Gorée au large de Dakar. Tout incite à occuper les terrasses jusque tard dans la nuit. Ce à quoi nous nous employons dans un charmant bar à vins local proposant de réjouissants plateaux de fromage du crû&#8230; De l&#8217;inédit pour nos ventres de routards qui feront honneur à cette proposition deux soirs de suite <img src='http://www.lenezauvent.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  </p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_9094-2380x1587.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_9094-2380x1587-1024x663.jpg" alt="" title="Place de la basilique santisimo " width="512" height="331" class="aligncenter size-large wp-image-952" /></a></p>
<p>C&#8217;est que l&#8217;élevage, notamment bovin, est au centre de l&#8217;économie du pays. D&#8217;ailleurs, le trajet entre Montevideo et Colonia a parfois des allures de Normandie, avec ses vaches paissant dans de verts pâturages. S&#8217;ensuit une brève traversée en bateau, et nous voilà à Buenos Aires pour notre dernière soirée sud-américaine. Nous filons assister à un dernier spectacle … de tango, pour clôturer en beauté ces trois mois de découvertes. </p>
<p>Voilà, même les morceaux de tango ont une fin, et nous venons de jouer nos dernières notes&#8230;.</p>
<p>La mélodie sera désormais celle du haka&#8230; <em>Ringa Pakia Uma Tiraha Turi whatia Hope whai ake Waeuwae takahia kia kino Ka mate ! Ka mate ! Ka ora ! Ka ora ! Tenei te tangata puhuruhuru Nana nei i tiki mai, whakawhiti te ra A hupane ! A kaupane ! A hupane ! A kaupane ! Whiti te ra ! Hi</em>&#8230; car le temps est venu de nous lancer sur les traces des maoris. </p>
<p>Rendez-vous, loin, très loin d&#8217;ici, en Nouvelle Zélande !</p>
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		<title>Mendoza &amp; San Juan</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 04:59:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Brulie</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Nos derniers moments en Argentine seront pour les provinces de Mendoza et San Juan, dans la région du Cuyo. Une dizaine de jours et une petite voiture louée pour l&#8217;occasion, et nous voici partis pour une ultime balade au pied de la Cordillère des Andes. Mendoza, située près de 1200 à l&#8217;ouest de la capitale, est au cœur de la plus grande région vinicole du pays. Elle est également un point de départ idéal pour l&#8217;exploration des hautes montagnes environnantes, en particulier l&#8217;Aconcagua, qui signifierait « sentinelle de pierre ». Nous gardons pour le dessert l&#8217;approche de ce colosse, plus haut sommet de l&#8217;hémisphère Sud culminant à près de 7000 mètres d&#8217;altitude. Pour l&#8217;heure, nous mettons cap au Nord vers San Juan, en quête de la vallée fertile de Calingasta, coincée entre les collines arides de la pré cordillère et les hauts sommets des Andes. </p>
<p>Avec ses paysages désertiques ponctués de rares oasis, la province de San Juan a un petit air  d&#8217;Afrique du Nord. Autour des rares cours d&#8217;eau, un système complexe de canaux d&#8217;irrigation hérité de l&#8217;ère pré hispanique permet à la végétation et aux cultures de s&#8217;épanouir. La vallée de Calingasta est l&#8217;un de ces oasis qui semblent surgir de nulle part, après plusieurs heures de mauvaise route à travers des paysages rocheux désolés. Au bout de la vallée, nous atteignons le petit village de Barreal avec la certitude d&#8217;y trouver facilement un point de chute pour quelques jours&#8230; mais c&#8217;est sans compter son statut de destination favorite des Argentins de la région ! En plein mois de janvier, l&#8217;équivalent de notre mois d&#8217;août sous ces latitudes, la recherche d&#8217;un lit à Barreal est un sport de combat. Nous posons finalement nos valises dans une charmante posada rustique de 1928, El Mercedario, nommée d&#8217;après l&#8217;un des sommets andins tous proches culminant à 6670 mètres. Les épais murs d&#8217;adobe offrent un répit bienvenu contre la chaleur assommante, plus de 35 degrés&#8230; De notre terrasse ombragée, nous jouissons d&#8217;une jolie vue champêtre sur les vergers et les enclos où paissent chèvres et moutons. </p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_7452-2380x1589.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_7452-2380x1589-1024x683.jpg" alt="" title="Posada Mercedario" width=512" height="342" class="aligncenter size-large wp-image-933" /></a></p>
<p>Notre visite à l&#8217;office du tourisme (une minuscule cahute avec une table sur laquelle est disposée une grosse poignée de prospectus) confirme notre pressentiment : rafting sur des rivières paresseuses à cette époque de l&#8217;année, promenades à cheval, visite du petit parc national voisin, les activités ne sont pas légion. Il y a bien le trekking dans les Andes, puisque Barreal est entouré de pas moins de 6 sommets culminant à plus de 6000 mètres, mais notre budget de routard n&#8217;y suffirait pas. Si les Argentins séjournent ici en masse, c&#8217;est avant tout pour profiter du calme, de l&#8217;isolement et de la relative fraicheur de ce coin de campagne au milieu du désert. </p>
<p>Cependant la jeune préposée de l&#8217;office du tourisme éveille notre curiosité avec une certaine course de chevaux qui semble se dérouler chaque dimanche. Nous réussissons, non sans peine, à localiser le champ de course : pour tout hippodrome (un ancien ministre français aurait éventuellement pu céder celui-ci contre une barquette de cerises), une piste sablonneuse de quelques centaines de mètres au pied de la pré cordillère sur laquelle doivent s&#8217;affronter les cavaliers&#8230; dans l&#8217;hypothèse où il se pointent ! Billet en main (seuls les hommes paient l&#8217;entrée), nous nous demandons bien à quel genre de compétition nous allons assister. A l&#8217;ombre des saules, près de deux heures se sont déjà écoulées sur l&#8217;horaire initial. Les préparatifs se hâtent lentement : un portique hors d&#8217;âge est disposé en bout de piste, la sono est branchée et diffuse de jolis chansons populaires, les villageois arrivent lentement par familles entières. Tout le monde se connaît, se salue, s&#8217;apostrophe. Les spectateurs s&#8217;installent nonchalamment le long des barrières et les paris vont bon train avant le départ de la première course. Enfin, le speaker annonce les cavaliers au micro, et déjà les 3 premiers d&#8217;entre eux lancent leurs chevaux au galop. Toutes les séries se feront sur le même modèle, avec pour seule variation la distance parcourue qui ne dépassera guère les 250 mètres. Aucun costume ou harnachement particulier, les jeunes cavaliers en jeans et baskets montent à cru avec une agilité déconcertante. Nous sommes les seuls touristes, et l&#8217;appareil photo vaut à Bruno une invitation à monter sur une estrade pour mieux immortaliser l&#8217;événement&#8230; 4 ou 5 courses se sont déjà achevées dans de larges tourbillons de poussière lorsque nous quittons les lieux en fin d&#8217;après-midi. </p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_7376-2380x15871.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_7376-2380x15871-1024x682.jpg" alt="" title="course" width="512" height="341" class="aligncenter size-large wp-image-934" /></a></p>
<p>Un bon dîner campagnard vient clore la journée avec un délicieux cochon de lait de la propriété, rôti dans le four en terre cuite, accompagné de pommes de terre et d&#8217;un rouge certes un peu rustique. Contraints de changer d&#8217;hôtel le lendemain, nous atterrissons un peu par hasard chez un couple de Suisses Allemands installés à Barreal, où ils ont fait construire une magnifique maison d&#8217;architecte en adobe, dont ils louent pour la seconde fois la chambre d&#8217;amis. Ils ne sont pas les seuls à s&#8217;être laissés séduire par ce coin paumé d&#8217;Argentine puisqu&#8217;un morceau de Barreal est maintenant connu sous le nom de &#8216;Colonia Alemana&#8217;. Après une petite randonnée dans le parc national voisin, nous rentrons profiter de notre hébergement de luxe. Nos hôtes étant absents ce soir-là, nous avons la maison pour nous tous seuls et profitons jusqu&#8217;à la dernière minute du coucher de soleil sur la Cordillère. Après ces trois jours de farniente au cours desquels nous avons nous aussi pris goût aux charmes bucoliques de Barreal, il est temps de quitter la province de San Juan pour regagner celle de Mendoza.</p>
<p>Néanmoins, un détour s&#8217;impose vers l&#8217;un des plus importants lieux de culte argentins : celui de la &#8216;Difunta Correa&#8217;. Après 3 mois de voyage, nous comprenons enfin la symbolique de ces milliers de petits temples dressés le long des routes du pays au pied desquels s&#8217;accumulent les bouteilles en plastique. La légende raconte qu&#8217;en 1835, la jeune Deolinda se lança à la recherche de son époux,  enrôlé dans l&#8217;armée d&#8217;un caudillo local&#8230; Elle fut retrouvée morte de soif dans un ravin, son nourrisson encore pendu à son sein ayant miraculeusement survécu en continuant à téter. Enterrée non loin du lieu où son corps fut découvert, la &#8216;Difunta Correa&#8217; est devenue l&#8217;objet d&#8217;un culte important pour les routiers et voyageurs de toutes sortes,  et pour les Argentins plus largement, qui déposent volontiers sur les bords de routes des bouteilles en plastique devant de minuscules chapelles, afin de soulager la soif de la défunte.</p>
<p>Le lieu est pour le moins surprenant. Sur une colline s&#8217;accumulent en un incroyable enchevêtrement les objets les plus hétéroclites : roues, casques, plaques minéralogiques, maquettes de maisons, et bien sûr bouteilles en plastiques et offrandes diverses. En contrebas, de petites chapelles renferment les dons et messages partageant un thème commun. Une première regorge de maquettes et photos de maisons, une deuxième de  répliques de camions, voitures et autres véhicules en tous genre, une troisième de robes de mariées, une autre encore de maillots, coupes, médailles et autres trophées sportifs, une dernière d&#8217;uniformes des forces de l&#8217;ordre&#8230; Ce capharnaüm invraisemblable s&#8217;accompagne de photos personnelles et cartes de visites, accompagnées de messages de remerciements. Ici, on croit dur comme fer (qui ne sait pas que c&#8217;est la main de Dieu et non celle de Diego qui marqua le but victorieux de l&#8217;Argentine contre l&#8217;Angleterre en 86) et on loue la Difunta pour tous les événements importants, passés ou à venir. En vrac, on prie pour une fructueuse saison commerciale, un beau mariage, des vacances réussies, la reprise des travaux d&#8217;une maison, ou le repos en paix d&#8217;un défunt&#8230; Chacun y va également de sa représentation plus ou moins habile de la Difunta et de son nourrisson, dessinés, peints, sculptés, gravés&#8230; sous toutes les coutures. </p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_7471-2353x2380.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_7471-2353x2380-1012x1024.jpg" alt="" title="Chapelle de la Difunta" width="506" height="512" class="aligncenter size-large wp-image-935" /></a></p>
<p>Nous quittons l’assoiffée pour rejoindre San Rafael, au sud de la province de Mendoza. La ville est littéralement prise d&#8217;assaut par les touristes argentins, et c&#8217;est avec l&#8217;aide de l&#8217;office du tourisme que nous parvenons finalement à y dénicher une chambre. San Rafael est elle aussi située dans une oasis et les canaux qui la parcourent font pousser de grands arbres le long de ses avenues. Les alentours de la ville offrent des paysages de campagne verdoyante où s&#8217;étalent vignes et vergers, contrastant avec l&#8217;aridité des steppes environnantes. On vient ici pour se mettre au vert, visiter les bodegas, mais également pour faire du rafting dans le Río Atuel et parcourir le canyon désertique du même nom et ses formations rocheuses multicolores.  </p>
<p>Difficile de quitter la province de Mendoza sans rendre visite à quelques producteurs locaux. Si l&#8217;Argentine cultive la vigne depuis l&#8217;arrivée des jésuites au XVIème siècle, la quantité y a longtemps primé sur la qualité, et ses vins ne sont que récemment fait connaître hors des frontières du pays. Intrigués par la présence sur de nombreuses tables argentines des vins de cette maison, nous nous rendons chez Salentein dans la Vallée de Ucco, l&#8217;une des plus jeunes régions vinicoles du pays, une vingtaine d&#8217;années tout au plus. Site ultra-moderne, bâtiments d&#8217;architecte en béton sans aucune âme, pseudo galerie d&#8217;art, l&#8217;endroit suinte le caprice présomptueux du propriétaire, un businessman néerlandais qui a investi dans le vin comme il l&#8217;avait fait auparavant dans d&#8217;autres secteurs&#8230; On nage en plein Mondovino ! Les vins goutés sont creux et prétentieux, tendance world-wine sans aspérité qui fleure le Michel Roland en promo de chez Franprix&#8230; nous ne garderons aucun souvenir de ces jus de raisins ! Mais le cadre vaut le détour, avec les sommets enneigés des Andes en perspective. </p>
<p>Deuxième tentative à Lujan de Cuyo, en proche banlieue de Mendoza. La maison Nieto Senetiner, l&#8217;une des plus anciennes du pays, est installée dans une jolie bodega blanche aux toits de tuiles rouges à laquelle on accède part un chemin bordé d&#8217;oliviers. A la différence de Salentein, où les visites se font par grappes de 25 au pas de course, nous ne sommes ici qu&#8217;une poignée à déambuler dans les caves et déguster tranquillement au comptoir quelques productions de la maison. Notre guide connait bien ses vins et prend davantage de temps pour nous les faire découvrir&#8230; nez de cuir pour le premier, notes de baies noires pour le second, suggestions d&#8217;accompagnement culinaire pour le troisième : la découverte n&#8217;en est que plus agréable. Verdict ? Malgré leur caractère tannique et une plus grande proximité avec notre goût, les rouges dégustés partagent une astringence un peu trop marquée. Au final, pas de grandes découvertes ni de coups de cœur, mais quelques bons moments passés dans les vignes&#8230;</p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_7549-2380x1587.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_7549-2380x1587-1024x682.jpg" alt="" title="Nieto S." width="512" height="341" class="aligncenter size-large wp-image-936" /></a></p>
<p>Nous terminons ces dix jours d&#8217;exploration en rendant une visite de courtoisie à l&#8217;incontournable Aconcagua.  Ce &#8216;toit du monde&#8217; est lui aussi l&#8217;objet d&#8217;un culte, mais c&#8217;est du coté des trekkeurs du monde entier qu&#8217;il faut chercher les fidèles. Une exceptionnelle route de montagne enclavée se fraie progressivement un chemin à travers la pré cordillère puis la cordillère, dans un univers presque exclusivement minéral. C&#8217;est dans ces paysages de roche dénudée qu&#8217;a été tourné le film Sept ans au Tibet&#8230; Nous arrivons enfin aux pieds du géant, à près de 3000 mètres d&#8217;altitude et à quelques kilomètres de la frontière chilienne. La route est d&#8217;ailleurs empruntée par de nombreux camions qui effectuent la liaison vers le Chili, et la ville de Santiago toute proche. Le <em>ferrocaril transandino</em>, dont on aperçoit les rails à l&#8217;abandon, a depuis longtemps cessé de fonctionner, en attente d&#8217;une éventuelle reconstruction. Faute de temps et d&#8217;entrainement, nous nous contentons d&#8217;une petite randonnée dans le parc naturel que domine le colosse&#8230; nous nous arrêtons peu après le premier bivouac pour piqueniquer face à la cime enneigée, avant de redescendre tranquillement vers le check-in (ici on ne plaisante pas, chaque randonneur remplit un questionnaire de santé avant de s&#8217;engager sur les pentes du volcan). Outre de rares marcheurs, nous croisons quelques mules esseulées, visiblement habituées à ravitailler les  campements de base. </p>
<p>Une dernière nuit à Uspallata, et nous faisons nos adieux à la Cordillère des Andes. Difficile d&#8217;imaginer les difficultés que devaient représenter la traversée de cette extraordinaire barrière naturelle, du temps où seuls la marche et les animaux de bât permettaient d&#8217;assurer le passage&#8230; On mesure un peu mieux ce qu&#8217;a dû être la mythique traversée des Andes de San Martin El Libertador et de son Armée des Andes, partout célébrée ici&#8230; Aujourd&#8217;hui encore, la route est très souvent impraticable en raison des chûtes de neige&#8230; Les lieux évoquent également l&#8217;épopée de l&#8217;aéropostale et l&#8217;histoire incroyable de ses pionniers, tel Henri Guillaumet qui parvint à survivre au crash de son avion en plein hiver austral, après plusieurs jours de marche : « ce que j&#8217;ai fait, je te le jure, aucune bête ne l&#8217;aurait fait », dira-t-il à Saint-Exupéry venu le récupérer&#8230;</p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_7557-2380x1587.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/02/IMG_7557-2380x1587-1024x682.jpg" alt="" title="Aconcagua" width="512" height="341" class="aligncenter size-large wp-image-937" /></a></p>
<p>Après le Chili, il est désormais (presque) temps de tirer notre chapeau à l&#8217;Argentine&#8230; Ayant décidé sur le fil d&#8217;effectuer une toute dernière escale sud-américaine en Uruguay&#8230; Filons vers Montevideo où nous attend le défilé inaugural du Carnaval !</p>
<p>Ciao</p>
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		<title>La Cuarenta</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 19:55:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Brulie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Argentine]]></category>
		<category><![CDATA[fiesta de la cereza]]></category>
		<category><![CDATA[Los Antiguos]]></category>
		<category><![CDATA[Ruta 40]]></category>
		<category><![CDATA[San Carlos de Bariloche]]></category>

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		<description><![CDATA[Trois bus plus inconfortables les uns que les autres et plus de 40 heures d&#8217;un voyage franchement pénible, de jour comme de nuit : c&#8217;est le tribut que nous payons pour rallier Mendoza depuis le petit village patagon d&#8217;El Chalten. C&#8217;est sur la mythique Route 40 que s&#8217;effectuent les 2700 km de ce trajet. Nous ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Trois bus plus inconfortables les uns que les autres et plus de 40 heures d&#8217;un voyage franchement pénible, de jour comme de nuit : c&#8217;est le tribut que nous payons pour rallier Mendoza depuis le petit village patagon d&#8217;El Chalten. C&#8217;est sur la mythique Route 40 que s&#8217;effectuent les 2700 km de ce trajet. Nous en avions déjà parcouru des portions plus au Sud, entre El Calafate et el El Chalten, et plus au Nord, dans la région de Salta, et l&#8217;idée de nous aventurer sur sa partie la plus sauvage nous attirait. Au final, RDV un peu manqué&#8230;</p>
<p>La première étape, El Chalten &#8211; Los Antiguos, aligne ses 670 kilomètres à travers des steppes désertées. Seuls quelques morceaux de goudron viennent interrompre la piste et on ne croise personne ou presque. Mis à part la petite ville de Perito Moreno (rien à voir avec le glacier du même nom), le parcours ne traverse que deux localités qu&#8217;on peine à qualifier de villages. Une pompe à essence d&#8217;un autre âge, quelques baraques rafistolées, un rade défraichi qui se prétend hôtel, on n&#8217;est pas loin de l&#8217;ambiance des bleds paumés de l&#8217;Alaska Highway&#8230; Nous imaginons sans peine que les motards croisés ici et là prennent leur pied tant il est difficile de planter meilleur décor de road trip&#8230; ne manque que la musique d&#8217;Iggy Pop pour parfaire l&#8217;ambiance Bagdad Café !</p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/IMG_7284-1659x2380.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-892" title="Panneau" src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/IMG_7284-1659x2380-713x1024.jpg" alt="" width="357" height="512" /></a></p>
<p>Mais en bus&#8230; Pas question bien sûr de s&#8217;arrêter dormir au milieu de nulle part, de saluer les occasionnels nandous et guanacos ou de prendre des photos. Pas question non plus de rêvasser les yeux perdus à l&#8217;horizon, le supplice sonore étant l&#8217;une des méthodes favorites des bus sud-américains pour empêcher les voyageurs de profiter des paysages. Notre engin affiche d&#8217;emblée la couleur avec une succession de clips musicaux du meilleur goût joués à 110 Db (un florilège à la fin de cet article pour les amateurs). Suit une sélection cinématographique non moins inqualifiable, à base de blockbusters américains dont l&#8217;incontournable Very bad trip 2 (joli sens de l&#8217;à-propos). Ajoutons qu&#8217;il n&#8217;y a aucun moyen de contrôler le volume ; nous avons appris au fil de nos voyages à supporter les boules Quies&#8230; Quand ce ne sont pas les boules puantes ! Car pour couronner le tout, nous sommes assis à côté d&#8217;un voyageur qui passera à la postérité sous le doux nom de &laquo;&nbsp;munster&nbsp;&raquo; (NDLR : nos excuses au fromage). Bref, les 14H de cette première étape nous paraissent bien longues, et nous n&#8217;avons pas franchement l&#8217;impression de mettre nos pas dans la roue du Che et de son compagnon de voyage.</p>
<p>Nous arrivons enfin à Los Antiguos, paisible bourgade agricole posée sur la rive sud du Lac Buenos Aires, à la frontière avec le Chili. Situé au cœur d&#8217;une verte oasis qui rompt brutalement avec les paysages désertiques traversés jusque-là, le village s&#8217;enorgueillit de sa production de fruits rouges, de la fraise à la groseille en passant par la framboise et bien sûr la cerise. Car c&#8217;est précisément ce qui nous a poussé à faire étape ici, au lieu d&#8217;avaler d&#8217;une traite les kilomètres qui nous séparaient de Bariloche : Los Antiguos célèbre tous les ans, début janvier, la mondialement connue et reconnue Fiesta Nacional de la Cereza <img src='http://www.lenezauvent.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Dans la journée, les gauchos sont à l&#8217;honneur sur le <em>campo de jineteada</em>. Les présentateurs locaux n&#8217;ont certes pas la verve du grand Eugène, mais on comprend à les entendre l&#8217;importance que cette culture gaucho revêt en Argentine. Dans chacun des rares villages que avons traversés dans ces coins paumés de Patagonie, le <em>campo de doma </em>occupe une place centrale. Les joutes équestres qui s&#8217;y déroulent sont au cœur des fêtes villageoises et l&#8217;on vient de loin pour s&#8217;y affronter.</p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/P1040828.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-898" title="Campo de jineteada" src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/P1040828-1024x411.jpg" alt="" width="512" height="206" /></a></p>
<p>Costumes soignés, chevaux récalcitrants, cavaliers qui volent : sur le terrain les scènes sont les mêmes qu&#8217;à San Antonio de Areco. Mais la comparaison s&#8217;arrête là : la fête de Los Antiguos est avant tout populaire, ambiance fête foraine rurale, tandis que celle de San Antonio se distinguait par son atmosphère très bourgeoise. C&#8217;est le soir que cette différence est la plus marquée. Là où San Antonio résonnait du son des guitareros menant les danses traditionnelles costumées, Los Antiguos nous réserve un spectacle un peu moins distingué&#8230; On commence avec le concert de l&#8217;immense Alejandro Lerner, crooner sur le retour à mi-chemin entre Herbert Léonard et Jean-Luc Lahaye. Ce n&#8217;est pas très sympa pour Alex, le présentateur n&#8217;ayant de cesse de nous convaincre de sa renommée nationale et internationale&#8230; Nous vous laissons le soin de taper son nom dans votre moteur de recherche préféré pour en tirer vos propres conclusions <img src='http://www.lenezauvent.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>La suite de la soirée est plus kitsh encore, puisque défilent les candidates au titre très convoité de <em>Reina de la Cereza</em>. Musique pointue, néons fluos, bikinis petits riquiquis&#8230; : une trentaine de midinettes de téléréalité maquillées comme des Renault Fuegos volées et dont la plupart ont à peine quinze ans se déhanchent sur scène pour le plus grand plaisir des spectateurs. Mais le meilleur est dans le commentaire. Rien ne vaut un petit extrait vidéo : <a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/No-tiene-novio.wmv">No tiene novio</a></p>
<p>Nous quittons Los Antiguos sur ces entrefaits, un peu déçus ne pas avoir vu davantage de cerises (elles ne sont pas particulièrement à l&#8217;honneur, ni dans les discours ni dans les activités, et c&#8217;est dans les fermes aux alentours qu&#8217;il faut aller les chercher&#8230;) mais contents d&#8217;avoir participé à une vraie fête populaire. Certes moins carte postale que celle de San Antonio, mais révélant sans doute une image plus proche de la réalité locale que les hubs touristiques que sont devenus El Calafate ou El Chalten.</p>
<p>La seconde étape du voyage (834 kilomètres de Los Antiguos à Bariloche) démarre très mal, puisque notre ami le Munster est à nouveau dans le même bus que nous, et dans un périmètre olfactif dangereux ! Nous avions pourtant pris soin de changer de compagnie, de laisser passer deux jours, et de nous lever à l&#8217;aube ! La première partie du trajet se poursuit à travers des paysages de steppe patagonne presque aussi ennuyeux que les chansons de Florent Pagny, et dans une région toujours aussi désespérément vide. Nous traversons bien quelques bleds paumés (Rio Mayo, Gobernador Costa&#8230;) aux rues poussiéreuses et désertes, mais il difficile d&#8217;imaginer ce que peut être la vie dans ces villages&#8230; on comprend mieux l&#8217;engouement pour la fête de la cerise. Il faut attendre le milieu d&#8217;après-midi pour que le paysage prenne enfin du relief et des couleurs à l&#8217;approche d&#8217;El Bolson et de Bariloche, où nous faisons étape.</p>
<p>Nous voici dans la région des lacs, Bariloche elle-même se nichant sur la rive sud de l&#8217;immense lac Nahuel Napi. Avec ses forêts verdoyantes, ses innombrables lacs, ses chalets et ses chocolateries, ce coin d&#8217;Argentine s&#8217;est attiré le surnom de « Suisse Argentine ». Nombreux sont d&#8217;ailleurs les Suisses et les Allemands (dont quelques nazis en fuite&#8230;) à y avoir immigré. Il paraît qu&#8217;en temps normal les paysages de la région ressemblent à ça</p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/Bariloche-_Argentina2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-907" title="Bariloche-_Argentina2" src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/Bariloche-_Argentina2.jpg" alt="" width="512" height="384" /></a></p>
<p>Nous n&#8217;en saurons rien car la direction du vent ne joue pas en notre faveur. Entré en éruption en juin dernier, le volcan chilien Puyehue continue de cracher régulièrement ses cendres, une véritable sinistre pour cette région touristique. Certains jours, le vent rabat sur la région un nuage de cendres qui obscurcit tout et rend l&#8217;air difficilement respirable. Nous nous résignons donc à faire l&#8217;impasse sur cette région et à filer directement sur Mendoza. Nous partons en début d&#8217;après-midi, mais ne verrons rien du paysage sur plusieurs centaines de kilomètres, tant le nuage de cendres est dense. Au sol, tout est recouvert d&#8217;une épaisse couche de poussière blanche, accumulée au cours des derniers mois.</p>
<p>Le reste du trajet se poursuit de nuit, dans des conditions de confort assez sommaires. Nous arrivons enfin à Mendoza en début de matinée, crevés par ces quelques jours de remontée sur la Cuarenta, qui ne resteront pas parmi les meilleurs souvenirs du voyage&#8230; L&#8217;appareil photo n&#8217;a pas chauffé, mais quelques images des gauchos de Los Antiguos ont quand même leur place dans la galerie photo.</p>
<p>Aconcagua nous voilà !</p>
<p>PS : Chose promise chose due, pour les passionnés de clips de haut niveau :<br />
- <a href="http://www.youtube.com/watch?v=alj6HfJ8b-k" target="_blank">N&#8217;klabe featuring Voltio</a><br />
- <a href="http://youtu.be/YqEhkutXw-g" target="_blank">Baby Ranks, Wisin &#038; Yandel, Daddy Yankee</a><br />
- <a href="http://youtu.be/Qa0NAetsvIs" target="_blank">Tito Nieves</a></p>
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		<title>Eblouissante Patagonie</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 15:14:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Brulie</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Suite de nos tribulations au &#171;&#160;sud du monde&#160;&#187; , avec le volet argentin&#8230; Première étape : El Calafate. Certes, la ville en elle-même se range plutôt dans la catégorie &#171;&#160;oubliable&#160;&#187; des étapes de notre voyage&#8230; d&#8217;autant qu&#8217;entre la rue North Face et le boulevard Columbia, son centre-ville en cuvette semble tourner le dos au magnifique Lago ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite de nos tribulations au &laquo;&nbsp;sud du monde&nbsp;&raquo; , avec le volet argentin&#8230;</p>
<p>Première étape : El Calafate. Certes, la ville en elle-même se range plutôt dans la catégorie &laquo;&nbsp;oubliable&nbsp;&raquo; des étapes de notre voyage&#8230; d&#8217;autant qu&#8217;entre la rue North Face et le boulevard Columbia, son centre-ville en cuvette semble tourner le dos au magnifique <em>Lago Argentino</em>. Pourtant, il suffit de prendre un peu de hauteur sur les collines environnantes ou de parcourir quelques kilomètres pour voir se déployer à perte de vue les eaux laiteuses de ce géant turquoise, annonçant les glaciers tous proches. Car c&#8217;est avant tout pour cela que l&#8217;on vient à El Calafate, point d&#8217;accès privilégié aux splendeurs du parc national <em>Los Glaciares</em> et de sa vedette incontestée : <em>le Perito Moreno</em>. </p>
<p>C&#8217;est à pied, et chaussés de crampons, que nous sommes d&#8217;abord allés saluer ce géant. La démarche hésitante des premiers instants fait progressivement place à une relative hardiesse, à défaut d&#8217;élégance&#8230; nous moquions la démarche des pingouins, nos débuts n&#8217;ont pas meilleure allure! Ceci dit, en respectant quelques principes simples, ce n&#8217;est pas si compliqué qu&#8217;il y paraît, du moins dans les zones faiblement pentues que nous &laquo;&nbsp;explorons&nbsp;&raquo;. Les multiples rivières qui sillonnent le glacier, les trous d&#8217;air et d&#8217;eau d&#8217;un bleu électrique, et surtout les crevasses dont nous nous approchons avec timidité ne laissent pas de doute sur le caractère imprévisible de notre hôte. Nous nous sentons bien petits sur cette surface inconnue bruissant de mille sons étranges et intimidants.</p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/Icetrek@Perito-Moreno.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/Icetrek@Perito-Moreno-1024x668.jpg" alt="" title="Icetrek@Perito Moreno" width="512" height="334" class="aligncenter size-large wp-image-865" /></a></p>
<p>De retour sur la terre ferme, nous observons à bonne distance cet océan de glace qui semble s&#8217;étendre à l&#8217;infini devant nous. Avec ses 5 km de large, le front du glacier tombant à pic dans les eaux bleutées du lac impose le respect. Au pied des parois hautes de plus de 60 mètres, les icebergs rejetés par le glacier s&#8217;accumulent en une masse compacte. C&#8217;est que ce glacier-là est l&#8217;un des rares qui continue à progresser, dans un mouvement ininterrompu d&#8217;accumulation et de rupture. A intervalles réguliers, d&#8217;énormes blocs de glace se détachent et plongent, formant d&#8217;impressionnants remous avant de trouver leur place comme un glaçon dans un verre d&#8217;ouzo. La bande originale est aussi saisissante que les images : de craquements secs en grondements sourds, toute une gamme de sons accompagne le spectacle&#8230; et nous rappelle la musique entendue à proximité du glacier Columbia en Alaska.</p>
<p>Eblouis mais pas encore rassasiés, nous embarquons le lendemain pour une journée de navigation sur le lac, à la découverte des glaciers <em>Spegazzini, Onelli et Upsala</em>. En réalité, ce dernier n&#8217;est plus accessible depuis plusieurs années, les larges morceaux de glace relâchés par ce géant obstruant son canal d&#8217;accès -et créant littéralement une mer de glace- obligeant le spectateur à l&#8217;observation distante&#8230; Qu&#8217;importe, la barrière naturelle ainsi formée vaut à elle seule le détour ! </p>
<p>A mesure que nous naviguons, les paysages déployés autour du bateau sont féériques <em>(NDRL : après 6 mois de voyage, nous arrivons probablement au bout des superlatifs de la langue française&#8230; nos excuses pour cette utilisation massive)</em>. Glaciers et montagnes enneigées plongent à pic dans les multiples bras du lac, le soleil au rendez-vous faisant ressortir toutes les nuances de bleu sur le turquoise des eaux. En milieu de journée, les icebergs traversés par les rayons de lumière se font translucides. Le vent glacial de Patagonie n&#8217;est pas en reste, mais nous faisons front sur le pont pour jouir au mieux de ces instants magiques. Au fond du dernier bras accessible, le glacier <em>Spegazzini</em> nous réserve un spectacle impressionnant&#8230; Dévalant du haut de la montagne et contournant une forêt de conifère, il s&#8217;étale de tout son long, dévoilant toutes ses nuances du blanc au bleu clair avant d&#8217;embrasser le lac. Nous restons de longues minutes devant ce monstre, à l&#8217;affut de blocs de glace se détachant dans un vacarme assourdissant. </p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/Fonte-du-Glacier-Spegazzini.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/Fonte-du-Glacier-Spegazzini-682x1024.jpg" alt="" title="Fonte du Glacier Spegazzini" width="341" height="512" class="aligncenter size-large wp-image-866" /></a></p>
<p>Hormis les glaciers, El Calafate reste pour nous un chouette souvenir de voyage, car nous y avions loué un chalet en bois très cosy pour fêter nos retrouvailles avec Marie-Aline et Jean-Claude. Un peu à la dernière minute il est vrai, nous avons pu y préparer le repas de Noël comme à la maison ou presque. Au menu, pas de dinde ou d&#8217;oie, mais un délicieux gigot d&#8217;agneau, histoire de faire honneur aux productions du crû ! Passées les premières hésitations (ici les pièces de viande ne sont pas découpées comme en France, ce qui déclenche chez nous une certaine perplexité devant l&#8217;étal du boucher), nous avons fait honneur comme il se doit à cette <em>pierna de cordero</em>, accompagnée de champignons et pommes de terre sautées, de tomates et oignons confits et bien sûr de quelques breuvages locaux, comme cet étonnant champagne rosé argentin qui nous a mis en appétit. Un festin pour nos estomacs de routards&#8230; et servi de main de maitre par du petit personnel indocile, mais trié sur le volet <img src='http://www.lenezauvent.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/Photo-finish.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/Photo-finish-724x1024.jpg" alt="" title="Photo finish" width="362" height="512" class="aligncenter size-large wp-image-867" /></a></p>
<p>Nous quittons El calafate, empruntant une partie de la ruta 40 en direction du  village d&#8217;El Chalten situé plus au nord (Cf. article précédent pour l&#8217;histoire du village). Les sols arides sablonneux couverts d&#8217;éparses touffes d&#8217;herbes vert jaune ne sont entrecoupés que par ce ruban d&#8217;asphalte sinueux. Nous n&#8217;abandonnons le <em>lago Argentino</em> que pour mieux découvrir le <em>lago Viedma</em>, dont l&#8217;horizon laisse déjà entrevoir une succession de cimes enneigées. Çà et là, des estancias isolées offrent un décor de carte postale, quand ce n&#8217;est pas la faune qui chaparde notre attention. Cette portion de pampa est le terrain de jeux des habituels guanacos, mais surtout des nandous dont la plupart se déplacent en tribu. A les observer, la boite crânienne des nandous est de petite taille, et leur cerveau semble ne connaître qu&#8217;une seule action : la fuite ! Ce qu&#8217;ils font à merveille&#8230;</p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/Nandou-familia.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/Nandou-familia-1024x345.jpg" alt="" title="Nandou familia" width="512" height="173" class="aligncenter size-large wp-image-868" /></a></p>
<p>El chalten, niché dans le parc national <em>Los Glaciares</em>, est déclaré capitale argentine du trek et de la randonnée (Mendoza et l&#8217;Aconcagua sont-ils d&#8217;accord ? Pas sûr&#8230;), et nous ferons honneur à ce statut. Mais avant de chausser nos habits de pseudos spécialistes de la marche, nous explorons les splendides environs du <em>Lago Del Desierto</em> et ses contreforts boisés laissant apparaître… un nouveau glacier ! Des pêcheurs à la mouche profitent du temps radieux pour braver les hordes de taons qui se sont réunis ici pour la Convention Annuelle des Emmerdeurs Ailés. Ces petites saloperies volantes semblent s&#8217;être passé le bzzz pour harponner chaque personne venue découvrir les environs, et nos 3 randonnées seront (presque) passées à batailler avec eux.</p>
<p>La bourgade à su conserver un esprit de village, mais pour combien de temps encore ? Les sentiers sont bien balisés, et malgré la belle affluence de marcheurs dans ce coin (probable contrecoup de la destruction du parc de <em>Torres Del Paine</em>), les sites restent très préservés. Le chemin de randonnée le plus connu mène au Mont <em>Fitz Roy</em> (aussi appelé <em>Cerro Chalten</em>), les deux autres à la <em>Laguna et au Cerro Torre</em> et au <em>Lomo Del Pliegue Tumbado</em> qui surplombe la majeure partie du site. Inutile d&#8217;en mettre des louches, les imprenables panoramas à l&#8217;arrivée de ces randonnées sont magnifiques&#8230; roches colorées, lagunes, faune et flore abondante, ces paysages de montagne évoquent par endroit Alpes ou Pyrénées. En chemin, nous avons croisé quelques plantes dont nous ignorons encore le nom&#8230; si vous êtes calés en botanique, ou que votre prénom commence par Ju, nous serions ravis de savoir quel est le doux prénom de cette nouvelle flor de mi secreto.</p>
<p><a href="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/Quelle-est-cette-fleur-2.jpg"><img src="http://www.lenezauvent.fr/wp-content/uploads/2012/01/Quelle-est-cette-fleur-2-875x1024.jpg" alt="" title="Quelle est cette fleur (2)" width="437" height="512" class="aligncenter size-large wp-image-869" /></a></p>
<p>Le temps file, près d&#8217;un mois s&#8217;est écoulé depuis nos premiers pas en Patagonie&#8230; c&#8217;est désormais l&#8217;heure de quitter cette splendide terre du sud pour remonter au hasard des villes et villages blottis aux pieds de la Cordillère des Andes. </p>
<p>En piste ! Une autre partie de la mythique Ruta 40 nous attend.</p>
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